A Monsieur Mandela

Le temps est venu

 

HOMMAGE A

 

Nelson Mandela – (juillet 1918 – décembre 2013)

 

Ce week-end un grand homme nous a quitté. Mais son feu nous est resté.

Il était de ces hommes rares, dont la flamme vacille, chancelle, mais qui nous garde l'étincelle.

Il était de ceux, rares, qui portent en eux , à l'intérieur du cœur le feu de l'espoir.

Et ce feu brulait d'une flamme qui réclamait justice et liberté pour tous les hommes blancs ou noirs.

Il aurait pu, comme tant d'autres avant lui, massacrer ses oppresseurs,

mais il n'en a rien fait et d'un pays qui vivait blancs ou noirs, il a fait un pays noirs et blancs.

Il a rendu sa dignité à son peuple qui était opprimé sans humilier ceux qui la veille encore opprimaient.

Tous ceux qui l'ont approché sont unanimes et disent de lui qu'il était exceptionnel et avait un charisme immense.

Cet homme là était un maitre et un exemple pour nous tous qui,

du fin fond de notre France au sommet de l'état construisons si difficilement l'Europe.


Toutefois gardons nous bien d'en parler au passé, car il est des hommes qui vivent et qui restent pour les siècles à venir.

 

Nelson Mandela, Monsieur Mandela est de ces hommes là.

Il a rejoint ceux dont la flamme ne s'éteint pas et qui ne meurent jamais tellement la tâche qu'il a accompli est immense.

Et l'histoire ne s'y est pas trompée puisqu'il y est entré avant même de nous quitter.

 

Il y a quelques mois, j'écrivais un poème. Sans penser à lui bien sur, mais en pensant à tous.

Je ne sais s'il est bon ou mauvais, et aujourd'hui, au risque de paraître vaniteux, je vousdrais le lui dédier.

 

A lui donc les quelques lignes qui vont suivre et à vous qui avez bien voulu me lire, ce conseil de lecture.

« LE TEMPS EST VENU »

Discours de Nelson Mandela – 10 Mai 1994

éditions : Points – www.lecerclepoints.com

ISBN : 978 2757 818 152

 

Camille d'Aplemont

09 décembre 2013 – 21h 30

 


L'étranger

 

Il était un homme au bord d'une falaise

Derrière lui, la terre. Plane, par moments herbeuse, à d'autres endroits désertique, au loin des montagnes,

barrent l'horizon. Devant lui, le vide. Une paroi abrupte, lisse. La verticalité dans son état le plus pur.

Mais la terre ne s'arrête pas là.

S'il se penche, il la voit, loin en contrebas qui continue jusqu'à une autre falaise lui faisant face.

C'est une autre verticalité, aussi lisse que la sienne. Impossible à descendre, impossible à monter.

L'homme, au bord de sa falaise, vit un autre homme sur l'autre versant. Un homme qui le regardait.

Les deux êtres étaient séparés d'une telle distance qu'ils pouvaient se voir, mais ne pouvaient s'entendre.

L'homme d'en face, leva les bras. Il l'ignora. Il balança ses bras, paumes ouvertes, de droite et de gauche.

Il l'ignora encore.


Alors, l'homme d'en face pensant qu'il était incompris, baissa les bras.

Il scruta le sol, y trouva une branche et la ramassa. Puis, il regarda à nouveau l'homme du bord de la falaise.

Prenant sa branche à chaque extrèmité, il la plia formant un arc de cercle et la souleva pour la montrer.

L'homme du bord de la falaise regarda sans sourciller et visiblement sans comprendre.

Alors, il se mit à arpenter. Quelques pas à droite, quelques pas à gauche et il recommençait et plus il marchait,

plus il s'énervait et petit à petit, la peur remplaça la clairvoyance.

De l'autre coté, l'homme d'en face se voyant incompris brandit sa branche d'une main.

De son autre main il désigna le bout libre et dans un signe montra l'homme de la falaise.

Puis, il retourna la branche et désignant le bout libre se montra ensuite.

L'homme du bord de la falaise ne comprenait pas pourquoi il était menacé par l'homme d'en face

et il continua d'arpenter sans répondre.

L'homme d'en face, toujours incompris eut une autre idée.

Il défit sa ceinture, attacha un bout de la branche, puis tordant à nouveau le bois, lia l'autre extrèmité.

Il avait ainsi formé un pont et recommença ses signes du bout de bois.

L'un montrait l'homme du bord de la falaise, l'autre le montrait lui.

Ensuite, il montrait le sommet du pont avec deux doigts debout sur la branche.

Du bord de la falaise, l'homme ne comprenait pas qu'on le menaçat comme cela d'un arc et de deux flèches.

Il résolut donc de se défendre. Il se baissa, ramassa son javelot, prit son élan et dans un geste fluide,

mu par la peur et l'incompréhension, la lance traversa le précipice et se planta dans le cœur de l'homme d'en face.


Un autre homme apparut au bord de la falaise et demanda : Pourquoi ?

- C'était un étranger répondit il.

- Non ! C'était le miroir de l'avenir dit le nouvel arrivant et tu l'as brisé

- Il me menaçait d'un arc. Dit l'homme.

- Il construisait un pont dit l'autre.


Devant lui, la glace se brisa et le javelot, tel un boomerang revint se planter dans le cœur de l'homme de la falaise.

Son corps tomba au fond du précipice, il s'était suicidé en tuant l'étranger.

 

 

Mardi 19 Mars 2013 07h 34

Camille d'Aplemont


Date de dernière mise à jour : lundi, 09 décembre 2013